Des opossums au Québec
M. Claude Dubois, maire de Bedford, a observé l’été dernier ce qu’il a rapidement identifié comme étant un opossum. Ce membre de la famille des marsupiaux mangeait à l’extérieur près de son domicile dans le bol servant à nourrir le chat. Comme l’opossum est une espèce peu répertoriée au Québec, il a aussitôt partagé sa découverte. Il a notamment signalé son observation à un agent de la faune régionale. Malheureusement, son interlocuteur ne l’a pas pris au sérieux, et ce, malgré le fait que M. Dubois soit un chasseur et un fin observateur de la faune. La suite des évènements trancha toutefois en sa faveur, car en janvier dernier, il reçu une seconde visite. Cette fois, M. Dubois photographia son suspicieux visiteur. La photo étant très concluante et révélatrice par les détails de l’espèce qui y figurait, il était maintenant impossible de se méprendre sur l’identité de l’animal. En investiguant davantage, il fut en mesure d’apprendre qu’un autre opossum avait été capturé non loin de son village dans le cadre de l’opération Raton visant à prévenir les cas potentiels de rage chez les ratons-laveurs de cette région. L’opossum capturé fut vacciné, identifié à l’oreille puis relâché dans le secteur de St-Ignace-de-Stanbridge. De plus, d’autres spécimens auraient apparemment été aperçus près de Dunham et de St-Jean d’Iberville. Ce mammifère est extrêmement rare au Québec. Des spécimens auraient été observés dans le passé dans la région du Lac Mégantic et également au sud du lac Saint-François. L’opossum n’hiberne pas, ce qui explique la photo prise en janvier, et il est reconnu pour souffrir d’engelure aux niveaux des oreilles (traces distinctives sur la photo). L’opossum atteint sensiblement la taille d’un chat, il est plutôt nocturne et il porte ses petits dans une poche ventrale comme le fait le kangourou d’Australie. De plus, ses mécanismes de défense sont assez particuliers. En effet, en cas de danger, il peut faire le mort en ouvrant la gueule et en sécrétant des odeurs nauséabondes provenant de ses glandes annales. L’opossum se nourrit d’insectes, de viandes avariées, de petits mammifères et de petits fruits. Les spécimens observés dans les Cantons de l’Est peuvent avoir trouver le chemin du Québec en voyageant accidentellement via des conteneurs de poids lourds ou de trains dans lesquels il y avait de la nourriture qui les avaient préalablement attirée. Enfin, ils peuvent très bien avoir profiter des changements climatiques pour étendre de façon plus nordique leur aire de répartition. Il s’agit du seul représentant de la famille des marsupiaux en Amérique du Nord et il sera bon, au cours des prochains mois et prochaines années, de demeurer attentif à la venue temporaire ou définitive de cet impressionnant mammifère.




