Caribous : Chasse Québec en direct du Nord Québécois-Jour 3 (10 janvier)

Deuxième départ en motoneige ce matin, cette fois à -34C. C’est l’enthousiasme de voir des caribous qui nous pousse à nouveau sur le Réservoir Robert-Bourassa (LG2), car nous sommes conscients de la difficulté de la journée qui nous attend. Nous devons retourner à l’autre extrémité du Réservoir, puisque c’est là que nous avons le plus de chance de trouver des caribous. Cela implique minimalement un autre 280 km de motoneige, sur une surface de neige irrégulière. En effet, des lames de neige dure formées par un vent constant parsèment le paysage et rendent le trajet incertain.

En raison de ce vent, chaque mouvement doit être calculé et réfléchi : il est donc impossible d’enlever nos mitaines plus de quelques secondes sans risquer des engelures sévères. Des gestes aussi simples que de replacer nos cagoules, de manger une barre tendre ou de dégivrer nos visières demandent une dépense d’une énergie précieuse. Le froid rend également la manipulation des armes très difficile. Lorsque nous voyons un caribou et que nous sommes absolument certains qu’il porte des cornes de 15 cm ou plus qui nous permettraient de le prélever, nous devons d’abord enlever notre casque, puis nos mitaines, fouiller dans notre poche pour prendre quelques balles, les mettre dans le chargeur, ajuster le télescope, actionner le mécanisme, viser puis tirer. Tout ceci semble très simple, mais hier, 2 personnes se sont gelées des doigts en exécutant ces gestes. Également, la récolte de caribous est possible évidemment quand le mécanisme de l’arme fonctionne! Car même en prenant les précautions d’usage, c’est-à-dire en dégraissant les armes, il n’est pas certain que celles-ci fonctionneront. Ma carabine s’est d’ailleurs enraillée après avoir tiré le coup de feu d’hier, et j’ai eu énormément de difficulté à en actionner le levier.

Nous avons également appris qu’un chasseur s’était perdu hier sur le Réservoir et qu’il a passé la nuit là-bas. Des recherches ont été enclenchées aujourd’hui afin de le retrouver. Pauvre homme, espérons qu’il a trouvé un camp de chasse quelque part, car il est autrement impossible de survivre dans de telles conditions…

Sachant tout ceci, nous nous sommes donc habillés plus chaudement ce matin avant le départ. Nous avons parcouru les 20 km nous séparant du Réservoir à la noirceur, puis, tranquillement, nous avons eu droit à un spectacle magnifique : un lever de soleil extraordinaire sur les glaces de l’horizon, nous réchauffant le cœur. Tous les espoirs étaient maintenant permis, tout était possible, nous pouvions affronter n’importe quoi. Puis, comme prévu, c’est au bout complètement du Réservoir que nous avons aperçu des caribous. Nous avions convenu entre nous que c’était au tour de Stéphane à faire feu. Nous nous sommes donc dirigés vers eux et rapidement, Stéphane s’est installé, a miré, et a ainsi récolté son premier caribou d’une balle au cœur !

Nous avons ensuite continué à fouiller les environs à la recherche d’autres bêtes, mais en vain. Après une petite pause, toujours à l’extrémité nord-est du Réservoir, la malchance frappa notre groupe : une motoneige refusa de redémarrer… Après les vérifications d’usage, nous nous sommes rendus à l’évidence : il fallait la laisser sur place, transférer le matériel sur les autres motoneiges, et embarquer le conducteur avec quelqu’un. Étant impossible pour notre guide Dionn de retourner sur place demain, j’ai donc pris un point GPS (longitude-latitude). C’est qu’après une brève discussion, Stéphane et moi avons offert au malchanceux et à son compagnon de revenir sur place demain avec eux afin de tenter de récupérer la motoneige sur une traîne conçue à cet effet. Au retour, un nouveau spectacle grandiose s’offrit à nous, un coucher de soleil d’une beauté exceptionnelle. Ici, les levers et couchers de soleil durent beaucoup plus longtemps qu’au sud de la province.

C’est donc encore une fois fourbus et épuisés que nous revenons à Radisson ! Nous avons loué les motoneiges pour une 3e journée demain et les avons remplies d’essence. Juste avant de nous écrouler sur nos lits, nous nous sommes aperçus qu’un de nos compagnons de chasse avait le visage sévèrement boursouflé suite aux engelures de la journée…

 

 


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